07.12.2007

Etre « balade » à Tulle

Oui, je déroge à mon engagement de départ : des articles un peu sérieux sur le Limousin. Seulement vivre en Limousin, c’est aussi faire face à des problèmes concrets et inattendus.

La nouvelle est tombée sur moi comme une bombe : j’ai attrapé la grippe. Et avoir la grippe sans médecin référent, sans rendez-vous, sans savoir même où se trouvent les médecins dans son quartier. Et tout ça après son travail (je suis sérieuse !), vers 17h… Bref, la galère !

 

Première phase : trouver un médecin sans rendez-vous pas très loin (risque de défaillance physique) en soirée. J’en ai tenté deux (premier ne pouvait pas, second sans secrétaire), puis la troisième a acceptée. Rare. J’ai attendu 1h dans la salle d’attente avec un 39°5 en guise de compagnie et je suis tombée sur un médecin formidable. Très rare !!! Très pointilleuse (même à se préoccuper de ce qui ne regarde personne).  Seconde phase : la pharmacie. Les pharmaciens sont rarement sympathiques. Je ne sais pas si c’est ma tête qui leur revient pas, mais ils sont toujours soupçonneux envers moi (faut dire que je demande de la poudre de licopode pour des expérience de magie alors QU’IL N’Y A RIEN D’ILLEGAL).

 

J’ai fait le tour de plusieurs pharmacies tullistes, étant très faible des cordes vocales (miam, la pastille au miel rosat, je vous la recommande).

1 : pharmacien qui se fiche de ma voix merveilleusement aphone, sans être lourd et NE POUSSANT PAS A LA CONSOMMATION. Wahou !

2 : mon propriétaire, très sympathique en tant que tel, aucune expérience pharmaceutique avec lui (en face de la cathédrale).

3 : la pharmacie qui se trouve juste en bas de chez moi, dans le Trech, celle qui a des serpents dans du formol pour attirer le client (sont en vacances de Nowel actuellement). Très sympathiques, de très bon conseils. Mes préférés !

 

Je sais très bien que ce post n’a aucun intérêt ; mais le jour où vous vous retrouverez malades dans une ville inconnue, vous penserez à la chance que j’ai eue de pouvoir rentrer du travail à 17h et être au lit avec un grog à 18h30.

04.12.2007

Sourire à la vie

Oui, je suis bien consciente de l’aspect « cucul-la-praline » de ce titre, et j’assume. Je voulais simplement rendre compte d’un fait essentiel, qui a beaucoup changé mon quotidien ; non, ici les gens ne sont pas gronchons (entre grognons et ronchons) ; non, ici les automobilistes ne vous klaxonnent pas parce vous n’avancez pas pile poil au moment où le feu devient vert. Les tullistes se sourient SANS SE CONNAITRE !

Ici, à Tulle, les gens sourient. Pour mon premier jour, j’ai eu la joie d’avoir un « bonjour Madame, il fait beau aujourd’hui » d’un parfait inconnu devant chez moi. Les gens se klaxonnent pour se dire bonjour. Si vous vous voulez traverser (même hors passage piétons !), les voitures vous laissent passer. Cette ville est assez bisounours pour moi sans être hippie-je-fais-des-câlins-à-tout-les-inconnus. Une ville-village.  Je vais me faire des ennemis, mais cette ville est une exception en Corrèze (peut être mis à part Uzerche, ma chouchou). Les brivistes sont de vrais toulousains. Pressés, bobos, de mauvais poil. Et je ne parle même pas d’Ussel ! Hum, mais là n’est pas le sujet. 

Donc non, Tulle n’est pas « paumé », où il n’y a « rien à y faire » (ras-le-bol de toujours devoir faire la pub de cette merveilleuse ville). Je préfère être à Tulle qu’à Brive (et je suis persuadée qu’il y a plus d’activités ici !). Tulle est très vivant, même pour une jeune d’à peu près 25 ans normalement constituée (bon, ok, je n’aime pas les boites).

Tous mes plaisirs quotidiens peuvent être réalisables ici (à 15 minutes à pied maxi) : cinéma art et essai de très bonne qualité (faut pas être pressé, tout bon film arrive à point à qui sait attendre), bars impeccables (dont un qui sert des vins étrangers), bibliothèque avec un fonds peu fourni mais de très bonne qualité (on peut emprunter des vinyles !), pizza qui livre gratuitement, une piscine ultra tip top pour la feignasse que je suis… Avec des concerts electro organisés dedans parfois, de la folie furieuse !! Un théâtre resplendissant (bientôt les photos, promis !). Quant aux festivals, ils méritent un sujet rien qu’à eux. 

Bref, j’y suis heureuse et toute personne normalement constituée serait ravie d’y vivre. Je finirai par la phrase que me disent tous les tullistes : « on y vient en pleurant et on y part en pleurant ». Que ces personnes se rassurent : j’étais heureuse de quitter Toulouse !

20.11.2007

Manufacture royale d’armes de guerre de Tulle

Tulle doit beaucoup à la MAT, Manufacture d’Armes de Tulle. A certains moment, cette entreprise a embauché près de 3000 personnes (sur 20 000 tullistes à l’époque, ce n’était pas rien). Il s’agissait de la plus grande entreprise en Corrèze.

Un peu d’Histoire pour commencer… Elle a été « fondée » par deux tullistes, le canonnier Michel Pauphile et le procureur du Roi au Présidial de Tulle Martial Fénis de Lacombe pour répondre à une grosse commande. L’un apportait le savoir-faire (et un moulin) et l’autre les sous (et un moulin) (à vous de deviner qui est qui [mon blog serait-il ludique ?]). Bref, même moi je m’y perds.

Ils ont formé des jeunes en apprentissage, et rapidement,  ils étaient près de 200 ouvriers spécialisés.

En 1777, ils ont obtenu des lettres patentes de Louis XIV leur permettant une existence légale (80 ans après…).

Mais sautons directement à la Révolution française ; la volonté de l’époque fut de construite une grande manufacture dite de la Montagne, « la plus grande d’Europe ». Parce qu’en ce temps là, vous aviez des ouvriers qui travaillaient chez eux (appelées boutiques) et des sites partout dans la ville (de l’ancienne église Saint-Julien [actuel lycée Turgot] au site encore vivant de la MAT). Ce projet devait aboutir à la cité Cazeau, près de la gare. Une route de près d’un kilomètre et demi aurait dû être construite… Cette réalisation aurait complètement changé le visage de Tulle !

Ils ont donc pris les pierres de taille d’une église aujourd’hui disparue et celles de la cathédrale (qui servait accessoirement de fabrique à canons). Ils n’ont eu le temps de prendre seulement le dallage (ç’aurait été dommage, une cathédrale si riquiqui-mignonette !).

Manque plus que je vous retrouve les textes anticléricaux irrésistibles !

Puis durant la Première Guerre Mondiale, ils embauchèrent beaucoup de femmes appelées « munitionnettes », celle dont on parle tant dans les documentaires.  Durant la Seconde Guerre Mondiale, la MAT a perdu beaucoup d’effectif (hommes partis à la guerre) puis nombreuses victimes des évènements du 9 juin 1944 (quoi ? Je ne vous en ai pas déjà parlé ?). 

Pour conclure, la MAT a fermé ses portes dans les années 1990… Mais il reste le musée municipal des armes (très intéressant) !